Nouvelles, événements et recherches d'intérêts - Janvier 2010
Une collaboration de François Vary
CRTC: deuxième phase d’audiences sur l’avenir de la télévision
Une deuxième phase d’audiences du CRTC s’est déroulée à la mi-décembre et portait davantage sur la valeur du signal des stations locales, ainsi que sur la transition vers le numérique. La précédente série d'audiences abordait surtout les redevances mais le sujet a encore retenu l’attention dans la deuxième phase. C’est ainsi que les dirigeants de Radio-Canada, CTV et Global ont proposé conjointement d’établir un prix plafond pour un nombre restreint de chaînes, dont les canaux de télévision locale. Quebecor a plutôt suggéré que le montant versé aux chaînes spécialisées soit réduit afin de rétablir l'équilibre avec les généralistes et souhaité que les consommateurs puissent choisir les chaînes auxquelles ils veulent être abonnés (et ne payer que pour celles-ci). Avant le début des audiences, plus de 16 000 personnes avaient fait connaître leur avis en ligne au CRTC.
Investissements: légère embellie planétaire en vue pour 2010
Les dépenses publicitaires pourraient croître de 0,9% dans le monde en 2010, pour atteindre 447,7 milliards de dollars US. C’est du moins ce que prédit l’agence Zenith Optimedia (propriété de Publicis). Ceci mettrait fin au déclin résultant de la récession mondiale. Il y aurait croissance en Amérique latine, en Europe centrale et de l’Est et en Asie (sauf au Japon). Par contre, l’Amérique du Nord subirait un déclin de 2,4%. Malgré des signes encourageants, on ne s’attend pas à une croissance «normale» de l’ordre de 5% dans tous les marchés avant 2012. Selon Zenith Optimedia, Internet connaîtra une croissance de 11,6% en 2010 et accaparera une part de 13,7% des investissements publicitaires mondiaux.
Affichage: Toronto adopte la taxe sur les structures
Le conseil de ville de Toronto a voté le 7 décembre en faveur de nouveaux règlements pour l’affichage extérieur, assortis d’une nouvelle taxe qui, une fois en vigueur dans la deuxième moitié de 2010, pourrait coûter environ 10,4 $ millions par année aux sociétés exploitantes. Le règlement rend aussi plus difficile l’installation de nouveaux affichages et augmente les amendes pour les affiches illégales.
Télévision: une loi sur le niveau du son aux États-Unis
Aux Etats-Unis, la Chambre des représentants a voté le 15 décembre en faveur de la loi CALM (pour «Commercial Advertisement Loudness Mitigation») destinée à niveler le niveau du volume à la télévision. On veut ainsi atténuer les variations du son lors des pauses publicitaires, et arrêter que le son des commerciaux soit plus fort que celui des émissions. Un sondage réalisé l’automne dernier par Wakefield Research pour Harris Corporation indique que 89% des répondants sont ennuyés par la variation souvent dramatique entre les volumes des émissions régulières et des commerciaux. Parmi ces personnes, 80% posent un geste concret. Ainsi 41% réduisent le volume, 22% le coupent entièrement et 17% changent tout simplement de canal. De plus, 61% des répondants affirment que la différence dans le volume affecte négativement leur perception d’un produit ou l’écoute des commerciaux.
Télévision: revenus en hausse pour les distributeurs au Canada
Selon des données de Statistique Canada publiées le 9 décembre, les recettes d'exploitation des entreprises canadiennes de distribution par câble et par satellite ont totalisé 10,3 milliards de dollars pour l’année se terminant en août 2008. C’est une augmentation de 14,4 % par rapport à 2007; de plus, les bénéfices générés sont les meilleurs des dix dernières années. Pour une deuxième année consécutive, l'augmentation du nombre d'abonnés à la télévision par câble a été plus rapide que celle des abonnés au sans fil. À la fin août 2008, on dénombrait 8,1 millions d’abonnés télé via le câble contre 2,7 millions d’abonnés sans fil (essentiellement via satellite).
Super Bowl: des annonceurs s’abstiennent
Les géants américains Pepsi et FedEx, des annonceurs majeurs ces dernières années, ont annoncé en décembre qu'ils ne feraient pas de publicité lors du prochain Super Bowl (7 février), durant lequel un spot de 30 secondes peut coûter jusqu'à trois millions de dollars. Pepsi était présent sur les écrans tous les ans depuis 1987 et avait même été l'un des annonceurs les plus importants lors de la diffusion de 2009. Quant à FedEx, elle s’était abstenue en 2009 pour des raisons de coûts.
Télévision: les annonceurs américains sont plus actifs
Au début de décembre, le président du réseau télé CBS a affirmé que les annonceurs déboursaient actuellement 25% de plus pour du temps d’antenne comparativement au printemps 2009. Il s’agirait là d’un signal que les entreprises ont un regain de confiance en ajoutant des fonds dans leurs budgets marketing. Selon le président de CBS, les entreprises qui étaient frileuses plus tôt en 2009 – lorsque l’économie était incertaine – effectuent maintenant un retour et veulent diffuser plus de commerciaux. D’autre part, au début de décembre, CBS aurait déjà vendu environ 90% de l’inventaire disponible pour le prochain Super Bowl.
Sport: l’effet Tiger Woods sur les budgets télé
En 2008, suite au tournoi U.S. Open, Tiger Woods s’était retiré de la compétition pour subir une intervention chirurgicale au genou. Les cotes d’écoute ont alors chuté de moitié durant son absence. Suite aux récents déboires du célèbre golfeur, les réseaux de télévision ont donc déjà une bonne idée de ce que sera la vie sans monsieur Woods; ils devront tenir compte de cette expérience passée lors des négociations pour le renouvellement du contrat avec la PGA. L’entente actuelle d’une durée de 6 ans avec CBC et NBC se termine en 2012, mais on prévoit que déjà les pourparlers débuteront à la fin de 2010.
Nouveaux médias: télévision, Internet ou autres médias ?
Selon une recherche de la firme Synovate (filiale de Aegis) parue en décembre, Internet aurait dépassé la télévision comme média préféré au Canada. En fait 88% des répondants affirment qu’ils ne pourraient pas se passer d’Internet ou le manquerait grandement s’ils en étaient privés (cette proportion est de 70% pour la télévision). D’autre part 7 Canadiens sur 10 estimeraient qu’il y a trop de commerciaux à la télévision. Selon l’étude, 88% des répondants auraient déjà essayé d’escamoter les publicités à la télé ou à la radio en fermant l’appareil, en changeant de canal ou en utilisant les ENP pour glisser en accéléré sur les pubs. À noter que 43% ont dit avoir évité les sites Web qu’ils jugent contenir des publicités trop envahissantes.
Médias sociaux: recherche sur les habitudes des Québécois
Une récente étude de Cossette Média sur l'utilisation des médias sociaux révèle qu'au Québec, Facebook est le média social le plus employé, avec un taux d'abonnement de 57%. Malgré une hausse de l'utilisation des médias sociaux, les Québécois privilégient à 43% le contact humain pour partager une information jugée importante. Les internautes québécois ne passeraient tout de même que 4% de leur temps de navigation au travail sur des réseaux sociaux, comparativement à une moyenne nationale de 9%. L'étude détaillée est parue dans l'édition de décembre du magazine Infopresse.
Vidéo en ligne: réflexion sur l’efficacité et les taux de rappel
Un dossier paru sur le site de Nielsen (décembre 2009) porte sur l’efficacité des diverses plateformes et modes de visionnement de vidéos (en direct, en différé, via internet, mobiles) et propose une réflexion sur l’harmonisation des mesures de l’efficacité. Le document présente des statistiques sur les taux de rappel d’émissions diffusées en ligne et de manière plus traditionnelle.
Internet: recherche sur le visionnement des vidéos au Canada
Ce serait au Québec que la web télé serait la plus populaire au Canada. C’est une des conclusions d’une étude d’Impact Recherche et de Cossette Média parue en décembre sur l’utilisation de l’ordinateur en tant qu’outil de visionnement vidéo. La recherche a constaté que 80% des internautes Canadiens regardent de la vidéo sur l’écran de leur ordinateur. Cette proportion est plus élevée au Québec (85%), chez les hommes (85%) et surtout les jeunes adultes (93%).
Google: on ouvre la voie au contenu payant
Au début de décembre, Google a annoncé qu’il modifiait sa politique concernant l'agrégation des contenus pour donner plus de contrôle aux médias qu'il référence. Cette décision fait suite à la pression des principaux groupes de presse, notamment de Rupert Murdoch, propriétaire de News Corporation, qui menaçait de tourner le dos au moteur de recherche.
Efficacité média: recherches sur le retour sur l’investissement (ROI)
Les annonceurs se préoccupent de plus en plus du retour sur leurs investissements (le ROI).
Un article diffusé par Nielsen à la fin de 2009 présente une analyse sommaire qui agglomère diverses recherches sur le sujet. On y chiffre en dollars, les niveaux de ROI à court et à long terme selon les médias et autres outils de communication. En moyenne, chaque dollar marketing rapporte à court terme $1,09 en revenu additionnel. La pub en ligne aurait la meilleure rentabilité à court terme (avec 2,18 $ en revenu additionnel par dollar investi). L’impact de la télévision, des relations publiques et les magazines, qui est surtout à long terme, est aussi chiffré.
Webradio: essor grâce aux nouvelles technologies
Le Monde a diffusé en décembre un article qui dresse un bref portrait de phénomène planétaire de la webradio et qui décrit son essor en France. On compterait plus de 50 000 radios accessibles sur Internet et la diversité est infinie. La généralisation de la technologie «3G», qui permet d’écouter la radio sur un téléphone portable, devrait accélérer la tendance vers ce genre d’écoute. De la même façon, les webradios seront bientôt dans toutes les voitures.
Manitoba: les politiciens critiquent un placement média
À la mi-décembre, à l’assemblée législative du Manitoba, l’opposition a mis en doute le choix des émissions télé pour une campagne du gouvernement sur les dangers de fréquenter les gangs de rue. On a laissé entendre que les placements étaient mal ciblés et que le budget de 250 000 $ aurait pu être mieux investi. Le ministre responsable a invoqué que les messages avaient surtout été diffusés dans des émissions regardées par les jeunes. L’opposition a par contre souligné que les messages avaient été diffusés le matin, et durant la journée, ainsi que dans la série «Desperate Housewives».
Twitter: sondage sur le profil des utilisateurs au Québec
La notoriété de Twitter et la visibilité du phénomène dans les grands médias seraient sans commune mesure avec l'utilisation réelle de Twitter au Québec. Une recherche SOM réalisée en octobre pour Branchez-vous.com révèle que 42 % des adultes québécois ont déjà entendu parler de Twitter mais que seulement 2% d'entre eux (environ 120 000) ont déjà ouvert un compte Twitter. La notoriété serait plus prononcée chez les plus jeunes, les hommes, les diplômés universitaires et les résidants de milieux urbains.